Je ne sais pas comment tourner ce billet-là. Une rubrique questions-réponses a fait son apparition en marge de ce blog et il semble qu’elle ne soit pas passée inaperçue. Je mets plus de temps que les autres et je serais, je cite : « un ange qui passe et qui repart quand le travail moral est achevé ». J’ai trouvé cette description mignonne et ça me change de ce que j’ai pu entendre parfois. Il faut le reconnaître. Je me suis dit que puisque l’on essayait de comprendre ma personnalité au cœur du féminisme, et qu’elle éveille la curiosité, il serait bon d’approfondir. Ce n’est pas la première fois que l’on m’en parle et ce n’est pas évident quand il est question de se décrire soi-même. Que ce qui me connaissent bien me décryptent c’est déjà plus simple. Ils ont un regard extérieur et neutre. Seul Kanaille et Greg Loup Yro peuvent le faire en mon sens. Je fais confiance à peu de monde. Je suis comme ça. Alors. Suis-je une féministe solitaire ou une féministe de groupe ?

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Il semblerait que l’on ressente, chez moi, un caractère fort et entreprenant mais que l’on ne me voit pas. Dans les médias et un peu partout. On ne comprend pas. Ma Kanaille c’est un peu pareil. Elle fait partie du bureau mais on ne l’aperçoit pas toujours. Je lui parle au minimum dans le réel deux fois par semaine et pourtant les réunions ont lieu. Mais alors pourquoi si peu de présence. Parce qu’elle est comme ça. Je l’adore tel qu’elle est. C’est réciproque. Il y a des mouvements, des collectifs et des groupes extraordinaires qui se forment en recrutant de façon importante. Pas nous, et je crois que c’est aussi une question de tempérament.
Quand on revient en arrière sur ce blog on sait que j’avais stipulé sur « ménagère et féminisme » la phrase suivante : « J’aimerais que ces gens redescendent de leur semblant de hauteur cinq minutes ». Cette phrase est percutante dans le sens où je ne suis pas porté par des idées politiques mais par un vécu. Je ne me reconnais pas toujours dans les mouvements qui disent nous représenter dans la solidarité qu’ils emploient sur le web. Tout va bien jusqu’au moment où vous pourriez éventuellement faire un travail plus voyant. Nous parlons, mais ne devons pas faire trop d’ombre à des groupes déjà existants. C’est culotté et cela me fait penser à la politique actuelle et à cette loi du silence que les évènements nous imposent parfois. Que ces mêmes personnes condamnent pourtant. Nous sommes victimes, ou anciennes victimes, et nous ne nous sentons pas toujours représentées par cette solidarité. Il arrive qu’il s’y cache aussi une forme de diffamations et de narcissisme, dans l’ombre d’Internet. Dans notre cas, ça a même été jusque là ligne d’écoute. Ayant envie de dénoncer ce type de problème, nous dérangeons. Défendre, oui. Inspirer pour se faire écraser, sûrement pas. Je ne souhaite pas que nous restions aux côtés de quelques-uns(e)s qui ne défendraient pas les intérêts des victimes mais les leurs. La façon dont ces personnes sont arrivées ou elles en sont est importante. Plus que l’on ne le croit. En tous les cas pour nous. C’est un premier point.
J’avais déjà un caractère solitaire à la base et évidemment tout ceci ne m’a pas aidé. Quand je parle de caractère solitaire je parle de l’époque ou j’étais comme n’importe quel autre webmaster autodidacte en plein apprentissage Je me contentais de bidouiller mon PC et mes sites web que j’allais créer, par passion. Jamais je n’avais prévu en avance que mes convictions allaient déteindre sur le web et que je ferais de la prévention dans le réel. J’étais attirée par le social, l’écriture, l’informatique et la psychologie. Jamais je n’aurais cru que je serais Cyber Féministe ! La vie nous réserve de drôle de surprise. C’est un fait pourtant. Je l’assume et j’en suis heureuse, voire comblée. Indépendante, solitaire et autonome, ça me va. Puis les choses ont été plus vite que moi. Ma personnalité a évolué et j’ai vieilli. Personne n’y échappe. J’ai écrit sur « poète reconverti » la phrase suivante : « Il y a quelques années quelque chose d’extraordinaire est arrivé. Je décide donc de reconvertir la force des mots pour un combat, celui du réseau et du manque de reconnaissance à l’égare de la femme dans le couple. Les fichiers informatifs ont commencé et j’ai écrit ma vision des choses avec mes mots toujours …» J’ai mélangé ma passion du web, ce que je suis et le combat, à la demande de quelques internautes qui adoraient ce que je faisais.
J’ai créé l’association lorsque j’ai vu à quel point le web était sali par des gens s’y octroyant tous les droits ou exploitant le travail de ceux qui étaient moins visibles. Ceux qui n’ont pas le temps de dire « ouf » en voyant des gens se faire de l’argent sur une âme qui s’offre gracieusement pour faire avancer les choses. Pour soutenir ou simplement pour faire du partage d’informations, sur du vrai toujours et non sur de simples copier/coller ou sur un besoin excessif de se montrer au detriment des autres. Je ne suis pas en mal d’identité. Ça m’est arrivé des dizaines et des dizaines de fois en neuf ans de croiser des internautes qui agissaient comme ça mais mon caractère solitaire ne m’a pas aidé. Sur Internet il est plus facile d’atteindre quelqu’un de seul que des personnes qui agissent en groupe. L’effet boule de neige est plus rapide et la mise à mort du travail effectué durant des mois est réelle. Si l’on est capable de faire ça dans le virtuel j’ai peur que les personnes qui se battent pour nous le fasse en « écrasant » dans le réel. Si ces personnes ne peuvent pas être intègrent dans le virtuel comment peuvent-elles l’être dans le réel, comment peuvent elles prétendre être honnêtes. Je considère ceci comme une trahison et une injustice à l’égare de ces gens qui nous font confiance.
Dans le réel je pourrais rejoindre des collectifs existants et qui sont très bien. Mais quand j’en vois d’autres qui tentent de nous faire croire qu’encore un autre est mauvais quand il en fait trois fois plus, ça passe mal. Ce cassage ayant lieu directement par téléphone, notre ligne comme si nous étions dupe. Comment croire à cette solidarité. Certain(e)s vont très loin. Trop loin. Je vais donc à la rencontre du vrai, petit à petit, avec Kanaille. Et ça me va. Je ne l’ai jamais vu trahir qui que se sois dans le réel avec son clavier et ça n’est pas mon cas non plus. Connaissez-vous la phrase « Vaut mieux être seule que mal accompagne » ? Elle pourrait s’appliquer ici. J’ai juste eu la chance de rencontrer une femme aussi belle dans le réel qu’elle l’est dans le virtuel et je l’en remercie tous les jours. Peut-être est-ce le début de ce quelque chose que vous attendiez.

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Si je devais maintenant répondre à la question qui m’a été posée. Je dirais que dans mon âme et dans mon cœur je reste une grande solitaire. Une femme qui apprécie de travailler en petit comité. C’est convivial et accueillant, nous partageons d’extraordinaires moments. Le Réseau Mafs a une histoire qui a été faites de hauts et de bas. Les grands collectifs c’est bien, à condition que les personnes avec qui je suis comprennent le combat que je mène. C’est un combat qui réclame beaucoup de patience. Je donne parce que je dois le faire, parce que c’est ainsi. Je ne sais absolument pas ou cela me mènera tous comme je l’ignorais, il y a neuf ans. Nous avons un réseau et un bureau. J’espère que la solidarité que je rencontrerais dans l’avenir ne ressemblera pas à ce que j’ai vu jusqu’ici, pour arriver à retranscrire des choses plus positives dans le réel. Peut-être alors que je serais plus une « féministe solitaire » ou de « petit comité » et que vous pourrez obtenir ce que vous voulez. Une solidarité gigantesque sur le Réseau Mafs et une femme un peu plus entourée.